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« La Chaire, c’est le socle de mon activité de chercheur. » Philippe Delacote

Extrait de la newsletter de la Chaire Économie du Climat.
Oct 5, 2026 10:04
Oct 5, 2026

Directeur de recherche à l’INRAE, Philippe Delacote est l’un des « seniors » de la Chaire Économie du Climat. Des forêts tropicales à l’agriculture, puis au climat, il a élargi ses sujets de recherche au fil des années, avec une constante : l’importance donnée à l’encadrement des doctorants.

Entretien.

Quel chemin vous a conduit à la Chaire Économie du Climat ?

Je suis économiste de formation et je me suis très vite intéressé à l’économie du développement, notamment dans les pays du Sud. Cela m’a naturellement amené vers l’économie de l’environnement, d’abord autour des questions de déforestation tropicale. Puis j’ai progressivement élargi mes travaux à l’agriculture et au climat.

C’est le fondateur de la Chaire Économie du Climat, Christian de Perthuis, qui m’a proposé de la rejoindre, juste après sa création. J’avais 32 ans et cela m’a donné la possibilité d’encadrer des doctorants assez tôt dans ma carrière. Cela a beaucoup influencé ma manière de travailler : l’encadrement de doctorantes et de doctorants est devenu central dans ma façon de faire de la recherche. Je crois beaucoup à la confrontation des idées et à la complémentarité des compétences. La Chaire, avec son écosystème et le renouvellement régulier des doctorants, constitue aujourd’hui le socle de mon activité.

Vous rédigez régulièrement des articles grand public, en parallèle de vos publications scientifiques. Comment naît un sujet chez vous ?

Ça se passe souvent assez simplement : lorsque je trouve un angle qui permet d’apporter mon point de vue de chercheur à des questions d’actualité politique, climatique ou économique, je commence par rédiger une première version d’une tribune, avec pour objectif d’être audible par un public large. Il n’est pas question de rentrer dans des approches trop techniques. Ensuite, en fonction des sujets, je peux proposer à un collègue d’apporter un point de vue complémentaire au mien. C’est ainsi qu’est né l’article sur la résilience, écrit avec Anna Creti et Philippe Quirion. Leurs regards sur l’énergie et les politiques climatiques ont permis d’élargir la réflexion au-delà de mon propre champ de recherche.

Pourquoi traiter de ce sujet de la résilience aujourd’hui ?

Il faut d’abord comprendre que la résilience se décompose en trois piliers : l’exposition, la vulnérabilité et la capacité de rebond. Sommes-nous exposés à un risque ? Si oui, quels dégâts provoquera-t-il lorsqu’il surviendra ? Et après le choc, sommes-nous capables de retrouver rapidement une situation satisfaisante ?

Si cette notion devient aussi importante aujourd’hui, c’est parce que nous voyons se multiplier des crises — climatiques, agricoles, énergétiques, géopolitiques — que nous gérons souvent chacune séparément. Or, cela ne suffit plus.

Il faut désormais les penser de manière plus systémique, faire de la recherche de résilience un élément structurant de nos décisions individuelles et collectives.

Et concrètement, qu’est-ce que cela change pour l’action publique ?

Cela oblige notamment à dépasser une logique de résilience purement individuelle pour alimenter des stratégies collectives. Certaines pratiques individuelles peuvent avoir du sens pour les ménages ou les entreprises qui les mettent en œuvre, mais avoir des effets négatifs sur notre résilience collective.

Prenons l’exemple de l’eau utilisée pour l’agriculture : construire des infrastructures de stockage, comme les bassines, peut sécuriser l’accès à l’eau pour les agriculteurs qui y ont accès, mais aussi réduire sa disponibilité pour les autres usagers, les écosystèmes et les sols. La recherche de résilience doit donc évaluer les conséquences de nos choix, y compris leurs effets indirects, et favoriser des stratégies collectives permettant de limiter leurs impacts négatifs.

Pour aller plus loin, retrouvez les tribunes récentes ici :

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