
Tome 1 : l’ère des ruptures
La Revue d’économie financière publie son numéro 160, premier volume d’un diptyque consacré aux mutations géopolitiques et aux fragmentations économiques et financières qui redessinent en profondeur l’ordre mondial.
Coordonné par Bruno Cabrillac et Pierre Jaillet, ce numéro est publié en français et en anglais, soulignant la portée internationale des enjeux analysés.
Intitulé « L’ère des ruptures », ce premier tome revient sur la succession de chocs majeurs qui, depuis le début des années 2020, ont mis à l’épreuve les fondements de la mondialisation : pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, crise énergétique, poussée inflationniste, montée du protectionnisme et usage croissant des sanctions économiques et financières.
Pris ensemble, ces chocs dessinent une polycrise systémique, révélatrice des fragilités accumulées au cours de plusieurs décennies d’intégration économique et financière.
Le numéro analyse ainsi la recomposition des échanges internationaux, le retour des rapports de puissance, la fragmentation des chaînes de valeur, l’essor d’une logique d’« économie de guerre », ainsi que les nouveaux enjeux de souveraineté monétaire et financière, dans un contexte marqué par la rivalité sino-américaine et la remise en cause du multilatéralisme.
Parmi les contributions majeures de ce numéro figure l’article « La géofinance, interactions entre géopolitique et finance : une perspective historique », signé par André Lévy-Lang et Julien Pincet.
Dans cet article de référence, les auteurs proposent une lecture de long terme des interactions entre finance, économie et géopolitique, depuis l’Antiquité jusqu’au monde contemporain. Ils montrent comment la finance est progressivement devenue un instrument central des rapports de puissance, en particulier depuis la fin de l’étalon-or en 1971 et, plus récemment, à travers l’« arsenalisation » du dollar et des infrastructures financières internationales.
Cette évolution a favorisé l’émergence de circuits alternatifs et contribue à la multipolarisation du système financier mondial.
Cette contribution s’inscrit pleinement dans les travaux développés à l’Institut Louis Bachelier (ILB) autour du concept de géofinance, qui analyse l’imbrication croissante entre stratégies géopolitiques et mécanismes financiers.
André Lévy-Lang, Président fondateur de l’Institut Louis Bachelier, président du Conseil de surveillance de la Fondation du Risque, ancien président du directoire de Paribas et membre de plusieurs institutions académiques de premier plan, est l’un des pionniers de cette approche.
Julien Pincet, chercheur à l’ILB et responsable de la recherche du projet Géofinance lancé en janvier 2024, mobilise une double expertise académique et professionnelle en analyse des risques, systèmes de paiement, économie monétaire et géoéconomie.
Les lecteurs souhaitant approfondir ces enjeux peuvent également se référer à l’article « Géofinance, l’imbrication de la finance et de la géopolitique », publié dans Opinions & Débats (n°31, septembre 2024), qui prolonge et structure cette grille d’analyse.
Ces réflexions ont également donné lieu à plusieurs contributions publiées sur la plateforme Regards d’expert de la Caisse des Dépôts, parmi lesquelles :
Un second volume, le numéro 161 de la Revue d’économie financière, intitulé « L’ère des recompositions », viendra compléter cette réflexion.
Il explorera les perspectives ouvertes par ces fragmentations : évolution des hiérarchies économiques mondiales, rôle de l’Union européenne, recomposition du système monétaire et financier international et avenir de la gouvernance mondiale.