
Lors de la conférence Conversations à Venir, co-organisée par l’Institut Louis Bachelier et la Fondation BNP Paribas, chercheurs, psychologues et praticiens se sont réunis pour démystifier l'IA affective et ses enjeux.
Quelques idées fortes qui ont marqué les échanges :
Elle ne date pas de ChatGPT ; les premiers travaux sur l'affective computing remontent à 1997. Ce qui a changé, c'est la quantité de data et la complexité des modèles.
Détecter ≠ ressentir. L'IA peut analyser nos émotions (voix, visage, rythme) et les imiter mais sans qualia (un mot pour qualifier notre vécu intérieur). Comme le rappelle Laurence Deviller : "Les machines imitent les humains sans ressenti et sans intention."
Avec les LLMs, le rapport à la machine a profondément changé. Mais attention : qualité de communication ne rime pas avec qualité de jugement.
Filtrage émotionnel dans les call centers, sourires artificiels pour booster la créativité, manipulation acoustique subliminale… Nadia Guerouaou nous a expliqué que les technologies, d’abord développée pour répondre à des vrais problèmes, sont ensuite déployées à plus grande échelle et c’est là que se posent les enjeux éthiques.
Comme le souligne Gregoire Darcy, l’IA est un pharmakon : à nous de l’utiliser dans le bon sens. Savoir vivre avec l'IA, c'est comprendre, s'éduquer, éduquer ses enfants et résister à la fascination.
Merci aux intervenants : Laurence Devillers (Sorbonne), Grégoire Darcy (ENS), Nadia Guerouaou (CNRS), Su Yang (BNP Paribas), Guillaume Ledit, Isabelle Giordano et Marie Brière pour ce moment de prise de recul.
Vous pouvez accéder à l'audio de la conférence via ce lien : https://on.soundcloud.com/TAxZoUd6d506j4ViBS