
Le 7 octobre 2026, au Collège de France, une matinée de conférences labellisée G7 explorait les moyens de mobiliser l’épargne de long terme pour financer les entreprises européennes.
Les Européens épargnent davantage que les Américains, mais détiennent environ deux fois moins d’actions dans leur patrimoine financier. Résultat : moins de rendement pour les épargnants et des fonds propres plus rares pour les entreprises. L’enjeu n’est pas de contraindre leurs choix, mais de proposer un meilleur couple rendement/risque, tout en respectant leur besoin de liquidité.
Plusieurs leviers se dégagent des échanges. Les incitations fiscales ont un effet modeste et profitent surtout aux plus aisés, tandis que l’adhésion automatique peut doubler la participation à l’épargne retraite. Plateformes digitales, robo-conseillers et gamification influencent aussi les comportements. Une offre plus simple, une fiscalité lisible, des coûts transparents et une supervision européenne convergente peuvent renforcer la confiance. En Allemagne, les réformes présentées ouvrent l’épargne retraite aux ETF et prévoient un dispositif dès l’enfance en 2027.
Mais le capital ne suffit pas : il faut des projets et des entreprises capables de grandir. Les entreprises américaines constituent davantage des terreaux de futurs entrepreneurs. En Europe, transformer l’épargne liquide en financements durables suppose des intermédiaires solides, un cadre prudentiel adapté, des investisseurs de long terme et des introductions en bourse mieux préparées. Désormais géopolitique, cet enjeu appelle des actions nationales et européennes coordonnées, alors que la « préférence européenne » reste débattue à 27.
La matinée a réuni Agnès Bénassy-Quéré, représentée par Pierre-François Weber, Marie Brière, Grégoire Naacke, Olivier Garnier, Marie-Hélène Broihanne, Christian König, Abel Gonzales-Hishinuma, Dominique Leblanc, Gérard Rameix, Dorothée Rouzet et Fabrizio Pagani. La table ronde animée par Fabrice Demarigny associait Delphine d’Amarzit, Sophie Barbier, Marc Lefevre et Sébastien Raspiller, représenté par Philippe Sourlas, avant la conclusion de Bertrand Dumont.
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