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La finance durable est-elle vraiment en retrait… ou simplement plus discrète ?

L’ILB s’est associé à l’AEFR et à la Banque de France pour cette rencontre, animée par Cédric Fuentes.
Oct 6, 2026 16:09
Oct 6, 2026

Alors que la défense, l’intelligence artificielle et la compétitivité occupent une place croissante dans le débat économique, la finance durable semble moins présente dans les discours. Est-elle pour autant en recul ? Une table ronde organisée à la Cité de l’Économie a permis de nuancer ce constat : loin de disparaître, la finance durable entre dans une nouvelle phase, davantage tournée vers la mesure de l’impact, la crédibilité des trajectoires et la résilience du système financier.

L’Institut Louis Bachelier s’est associé à l’AEFR – Association Europe-Finances-Régulations et à la Banque de France pour cette rencontre, animée par Cédric Fuentes, directeur des programmes de l’AEFR.

Autour de la table : Anna Creti, professeure à l’Université Paris Dauphine – PSL et directrice de la Chaire Économie du climat (Université Paris Dauphine – PSL / Institut Louis Bachelier), et Philippe Mongars, directeur général adjoint de la stabilité financière et des opérations à la Banque de France et secrétaire général adjoint de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR).

Une finance durable moins visible, mais toujours essentielle

Ces dernières années, le contexte économique et géopolitique a profondément évolué. Les enjeux de défense, de souveraineté, de compétitivité ou encore le développement accéléré de l’intelligence artificielle ont pris une place centrale dans les priorités européennes.

Pour autant, les besoins liés à la transition climatique n’ont pas diminué. La question n’est donc plus seulement de savoir comment mobiliser davantage de capitaux, mais aussi comment s’assurer que les financements engagés contribuent réellement à la transformation de l’économie.

La finance durable entre ainsi dans une phase de maturité : moins centrée sur les annonces, davantage sur la mesure, la robustesse et l’efficacité des trajectoires.

Le risque climatique est devenu un risque financier

Premier changement majeur : les risques climatiques sont désormais pleinement intégrés aux enjeux de stabilité financière.

Les banques et les superviseurs doivent tenir compte à la fois des risques physiques liés au changement climatique et des risques de transition pouvant découler de l’évolution des politiques publiques, des technologies ou des modèles économiques.

Les stress tests climatiques permettent notamment aux établissements financiers de mieux évaluer leur exposition à ces risques, d’identifier leurs vulnérabilités et de renforcer leurs plans de résilience.

Le climat n’est donc plus uniquement envisagé comme un enjeu environnemental : il devient une composante de la gestion des risques financiers.

Des financements encore insuffisants

La finance durable continue parallèlement de progresser. Les obligations vertes se développent et les instruments destinés à orienter les capitaux vers la transition se multiplient.

Mais un décalage demeure entre les financements mobilisés et l’ampleur des investissements nécessaires. Transformer les infrastructures, décarboner l’industrie, accompagner la transition énergétique ou adapter les économies aux conséquences du changement climatique suppose des besoins considérables.

La question devient alors celle de la capacité du système financier à accompagner cette transformation à une échelle suffisante.

De la promesse à la preuve

C’est peut-être là que se situe l’évolution la plus importante : il ne suffit plus d’affirmer qu’un investissement est « vert » ou qu’un portefeuille s’inscrit dans une trajectoire de transition. Il faut pouvoir le démontrer.

La taxonomie européenne, la température des portefeuilles ou encore l’analyse des CAPEX verts deviennent ainsi des outils essentiels pour apprécier plus précisément les trajectoires des entreprises et des investisseurs.

Cette évolution répond à un double impératif : améliorer la transparence et renforcer la crédibilité des engagements pris par les acteurs financiers.

La finance durable ne semble donc pas tant reculer que changer de nature. Après une période marquée par la multiplication des engagements et des objectifs, elle entre dans une phase où la question centrale devient celle des résultats.

Moins visible peut-être, mais plus exigeante : la finance durable se joue désormais dans la capacité à mesurer l’impact réel des capitaux engagés et à construire un système financier capable de résister aux risques climatiques tout en accompagnant la transition.

Un grand merci à Anna Creti, Philippe Mongars et Cédric Fuentes pour la richesse de ces échanges, ainsi qu’à la Cité de l’Économie et à l’AEFR – Association Europe-Finances-Régulations pour leur accueil et leur collaboration.

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