
Dans une nouvelle prépublication, César Hernández Aguayo, Matthieu Cristelli et Michael Benzaquen transforment les traces de vols en parapente en données scientifiques. Leur objectif : mieux comprendre les ascendances thermiques, ces courants d’air chaud que les pilotes utilisent pour gagner de l’altitude.
Ces phénomènes restent difficiles à observer : les ballons météorologiques sont lancés depuis un nombre limité de stations, tandis que les campagnes de mesure sont ponctuelles et localisées. Les trajectoires enregistrées par les parapentistes offrent une source complémentaire d’observations.
Les chercheurs ont exploité 110 730 vols réalisés en France, isolant 1,47 million de phases d’ascension. En analysant ces trajectoires, ils ont estimé la hauteur, la force et le niveau de turbulence des thermiques, puis comparé ces observations aux données météorologiques de la base ERA5.
Leur analyse fait ressortir trois enseignements. D’abord, le relief joue un rôle déterminant : les thermiques montent plus haut et offrent des ascendances plus fortes en montagne qu’en plaine, quelles que soient la saison et l’heure de la journée.
Ensuite, les observations rejoignent les prédictions théoriques. En moyenne montagne, à la mi-journée pendant la saison chaude, la hauteur atteinte augmente de 124 mètres par degré d’écart entre la température de l’air et le point de rosée, contre 125 mètres prévus par la théorie classique de la base des nuages.
Enfin, l’épaisseur de la couche limite atmosphérique, la partie basse de l’atmosphère influencée par le sol, constitue le meilleur indicateur de la hauteur et de la force des thermiques, sur l’ensemble des terrains et des saisons étudiés.
Dirigé par Michael Benzaquen et installé à Paris, l’Econophysics Lab mène des recherches à la croisée de la physique statistique, de la finance quantitative, de l’économie et des systèmes complexes. Son approche associe modélisation théorique et analyse de données pour étudier des sujets variés : fonctionnement des marchés, inégalités, dynamiques sociales ou enjeux environnementaux.
Le laboratoire collabore notamment avec Capital Fund Management (CFM) et l’Institut Louis Bachelier, au sein d’un écosystème réunissant chercheurs et experts de la finance quantitative et de la modélisation.
Cette prépublication illustre la diversité de ses travaux : en mobilisant les données partagées par les parapentistes, elle ouvre de nouvelles perspectives pour l’observation et la compréhension de l’atmosphère.
Consulter la prépublication : https://arxiv.org/abs/2608.00241
Découvrir l’Econophysics Lab : https://www.econophysix.com/