ILB RISING TALENTS EN FINANCE ET ASSURANCE

Lors de cet événement parallèle au Risk Forum 2021, nous avons présenté une sélection de “Rising Talents” du réseau ILB (maximum huit ans après leur thèse), dont les travaux ont été jugés particulièrement prometteurs par leurs pairs. Quatre doctorants ont présenté leur thèse en 180 secondes. Et, en collaboration avec La Fondation d’entreprise SCOR pour la Science, nous avons annoncé deux talents qui ont déjà manifesté leur recherche de haut niveau et ont reçu le titre de “Best Young Researcher in Finance and Insurance” 2020 et 2021.

Programme

9:00 Ouverture par Elyès Jouini, Academic VP ILB.


8 PRESENTATIONS DE RISING TALENTS 

9:05 #1 Capital Commitment, Elise Gourier, ESSEC Business School et CEPR.
Discussant: Catherine Casamatta, Toulouse School of Economics.
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9:30 #2 Mean Field Games with Branching, Zhenjie Ren, Ceremade, Université Paris-Dauphine PSL.
Discussant: Peter Tankov, ENSAE.
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9:55 #3 Evading Corporate Responsibilities: Evidence from the Shipping Industry, Guillaume Vuillemey, HEC Paris.
Discussant: Patricia Crifo, Ecole Polytechnique.
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10:20 #4 Central Bank Digital Currency: When Price and Bank Stability Collide, Linda Schilling, CREST, Ecole Polytechnique and CEPR.
Discussant: Mariana Rojas-Breu, Université Paris-Dauphine PSL.
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10:45 #5 The characteristic function of Gaussian Stochastic Volatility Models: an Analytic Expression, Eduardo Abi Jaber, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.
Discussant: Stéphane Villeneuve, Toulouse School of Economics.
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11:10 #6 Fiscal Limits and the Pricing of Eurobonds, Jean-Paul Renne, Université de Lausanne.
Discussant: Marielle de Jong, Grenoble Ecole de Management.

11:35 #7 AHEAD: Ad Hoc Electronic Auction Design, Thibaut Mastrolia, CMAP, Ecole Polytechnique.
Discussant: René Aïd, Université Paris-Dauphine PSL.
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12:00 #8 Equilibrium Data Mining and Data Abundance, Jerôme Dugast, Université Paris-Dauphine PSL.
Discussant: Sophie Moinas, Toulouse School of Economics.
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4 DOCTORANTS

12:25 “Ma thèse en 180s par les élèves du réseau ILB.

2 PRIX DU MEILLEUR JEUNE CHERCHEUR

12:35 Prix du meilleur jeune chercheur en finance et assurance 2020 & 2021 par Philippe Trainar, Fondation d’entreprise SCOR pour la Science et Elyès Jouini, Institut Louis Bachelier.

12:50 Conclusion par Jean-Michel Beacco, CEO ILB.

Présentation par 4 doctorants "Ma thèse en 180 sec"

Prix annuel du Meilleur Jeune Chercheur en Finance et Assurance (IEF)

Dans le cadre du Forum International sur les risques financiers et le side event “Rising Talents” organisés par l’ILB/l’Institut Europlace de Finance le 26 mars 2021, la Fondation SCOR pour la Science a remis les Prix 2020 et 2021 du Meilleur Jeune Chercheur en Finance et en Assurance à respectivement Matthieu Bouvard, professeur à la Toulouse School of Management (Université de Toulouse), spécialisé en Finance, et membre de la Toulouse School of Economics, et Kim Peijnenburg, professeure de finance à l’EDHEC, chercheuse affiliée au Centre for Economic Policy Research (CEPR) et membre du Network for Studies on Pensions, Aging, and Retirement (Netspar).

La recherche de Matthieu Bouvard porte sur l’intermédiation financière et l’impact de l’innovation technologique en finance (Fintech). Son article paru en 2019 dans la très prestigieuse Review of Financial Studies et co-écrit avec Bruno Biais, Christophe Bisière et Catherine Casamatta, “The Blockchain Folk Theorem”, a particulièrement retenu l’attention. Les auteurs y révèlent deux sources d’inefficacité majeure de la blockchain. D’une part, celle-ci génère une instabilité qui induit des fourches persistantes. D’autre part, elle incite les mineurs à un sur-investissement socialement inefficace dans la puissance de calcul.

La recherche de Kim Peijnenburg porte principalement sur les décisions financières des ménages. Son récent article, avec Gian-Paolo Parise, publié dans la prestigieuse Review of Financial Studies, « Noncognitive Abilities and Financial Distress », a particulièrement retenu l’attention du jury. Les auteurs y développent des mesures de stabilité émotionnelle et de conscience des ménages qui leur permettent de montrer que cette stabilité est un facteur déterminant de la détresse financière, devant le revenu.

André Levy-Lang, président de la Fondation SCOR pour la Science, commente : « La fondation SCOR pour la Science est heureuse de distinguer des chercheurs qui mettent en valeur des domaines de recherche qui sont moins connus mais dont ils font ressortir le caractère stratégique pour le développement des sociétés contemporaines ».

Philippe Trainar, Directeur de la Fondation d’entreprise SCOR pour la Science, déclare : « Avec ce prix décerné pour la cinquième année consécutive, SCOR et sa Fondation pour la Science sont fiers d’encourager les jeunes chercheurs innovants et originaux qui travaillent sur des domaines clés aux frontières de notre savoir sur les nouvelles technologies et les décisions financières des agents ».

Meilleur Jeune Chercheur en Finance et Assurance

Prix 2021 : Kim Peijnenburg, EDHEC Business School

CV

Prix 2020 : Matthieu Bouvard, Université de Toulouse

CV

Meilleur Jeune Chercheur 2021 : « C’est un immense honneur d’avoir remporté ce prix »

En marge de la cérémonie virtuelle de remise de prix, présidée par Elyès Jouini, Directeur scientifique de l’IEF et Philippe Trainar, Directeur du risque chez SCOR, Kim Peijnenburg a répondu aux questions de l’Institut Louis Bachelier (ILB).

ILB : Que représente pour vous ce prix IEF / Fondation SCOR pour la science du Meilleur Jeune Chercheur en finance et assurance ?

Kim Peijnenburg : C’est un immense honneur d’avoir remporté ce prix. Il permet également de donner de la visibilité et de la pertinence à mes travaux de recherche, au-delà de la seule sphère académique, ce qui est le but de tout chercheur.

Pouvez-vous nous détailler et nous expliquer brièvement les grandes thématiques de recherche sur lesquelles vous travaillez ?

K. P. : Mon principal thème de recherche concerne les prises de décisions financières des ménages et leur impact sur leur bien-être général. Je m’intéresse particulièrement à la façon dont les processus et les traits comportementaux façonnent les choix des ménages.

Quels sont les prochains sujets sur lesquels vous allez travailler ?

K. P. : Je vais continuer à travailler sur le domaine des finances personnelles, car il reste de nombreuses questions de recherche à étudier pour en apprendre davantage sur les processus de prises de décisions des ménages. Pour ce faire, je vais recourir à des bases de données administratives danoises et les combiner avec des expériences en laboratoire regroupant un millier de personnes.

Pour conclure, pourquoi étudier le cas du Danemark ?

K. P. : Chaque pays a des bases de données différentes, mais le Danemark dispose de données extrêmement riches et plus facilement exploitables pour mon domaine de recherche. Par ailleurs, ces données se prêtent davantage aux expériences en laboratoire que des données issues d’autres pays.

Meilleur Jeune Chercheur en finance et assurance 2020 : « La volatilité du bitcoin n’est pas si particulière et spécifique »

En marge de la cérémonie virtuelle de remise de prix, présidée par Elyès Jouini, Directeur scientifique de l’IEF et Philippe Trainar, Directeur du risque chez SCOR, Matthieu Bouvard a répondu aux questions de l’ILB.

ILB : Que représente pour vous ce prix IEF / Fondation SCOR pour la science du Meilleur Jeune Chercheur en finance et assurance ?

Matthieu Bouvard : C’est un honneur et une satisfaction de recevoir ce prix prestigieux. En observant l’historique de cette récompense, je trouve très flatteur de trouver mon nom en compagnie de chercheurs reconnus comme mes collègues Thierry Mariotti et Sophie Moinas ou encore Johan Hombert. Je tiens également à souligner les efforts réalisés par l’ILB et de la Fondation Scor pour la Science afin de rapprocher la recherche scientifique et les professionnels de l’industrie financière.

Pouvez-vous nous détailler et nous expliquer brièvement les grandes thématiques de recherche sur lesquelles vous travaillez ?

M. B. : Je m’intéresse particulièrement aux fintechs, qui évoluent au croisement entre les technologies de l’information et les services financiers. De manière générale, l’angle que j’ai choisi d’étudier concerne la notion de risque financier, qui fluctue constamment et parallèlement aux innovations financières. Avec de nouveaux arrivants sur le marché, de nouveaux risques apparaissent. Il est donc très important de les identifier et de les comprendre pour pouvoir les gérer correctement. Pour davantage illustrer mes recherches, prenons deux exemples récents de travaux. Le premier concerne la blockchain, qui est l’infrastructure technologique sous-jacente aux cryptomonnaies, notamment le bitcoin. Ce protocole permet d’enregistrer des données de transaction, mais en cas de perte ou d’absence de consensus entre les parties, la stabilité de l’infrastructure peut être perturbée et cela pose de nombreuses questions, en particulier de sécurité. Le second exemple porte sur le fonctionnement de plus en plus rapide des marchés et de son impact sur la gestion des risques en temps réel des grandes institutions financières.

Vous vous intéressez à la Blockchain en général et au bitcoin en particulier, comment analysez-vous le boom actuel sur les cryptomonnaies ?

M. B. : Les cryptomonnaies, notamment le bitcoin, se rapprochent des monnaies traditionnelles, qui ne sont pas des classes d’actifs comme les actions ou les obligations dont la valorisation peut se baser sur une analyse fondamentale, c’est-à-dire une estimation des flux futurs que ces actifs vont générer (dividendes, coupons). Il faut rappeler qu’il est très difficile de prédire les mouvements des monnaies émises par les banques centrales, ce sont des mécanismes assez mal cernés en finance. Cette difficulté à expliquer des mouvements de prix s’applique également au bitcoin, dont la volatilité est beaucoup plus importante. On peut néanmoins interpréter la possibilité et la facilité d’effectuer des transactions en bitcoins comme faisant partie de la valeur fondamentale de Bitcoin. Par exemple, sur la période récente, de grands groupes comme Tesla, Visa, Mastercard, Paypal et même BlackRock, ont annoncé la possibilité d’effectuer des transactions ou des investissements en bitcoins, constituant des éléments tangibles en sa faveur qui peuvent expliquer son appréciation. Il reste qu’une partie importante de la volatilité du bitcoin ne semble pas être expliquée par le mouvement de ces fondamentaux.

Pour conclure, quels sont les prochains sujets sur lesquels vous allez travailler ?

M. B. : Je vais continuer à m’intéresser aux nouveaux systèmes de paiement, qui est un domaine très évolutif. Historiquement, c’était le domaine de compétence des banques, mais certains segments ont migré vers de nouveaux acteurs. La Chine constitue, certainement, l’exemple le plus avancée avec le développement de solutions de paiement sur téléphone mobile par Alipay et WeChat qui concurrencent le système bancaire. Ce mouvement est également observable aux Etats-Unis avec les grands acteurs comme Amazon et Facebook. Or, cette tendance pose de nombreuses questions de recherche : Pourquoi cette concurrence apparaît-elle ? Quelles sont les synergies entre les réseaux sociaux, leurs utilisateurs et les moyens de paiement ? Comment comprendre et appréhender ces nouveaux risques ? Comment réguler les nouveaux acteurs ?

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