Chaire Energie et Prospérité

Projet scientifique

La chaire Energie et Prospérité a été créée en 2015 pour éclairer les décisions des acteurs publics et privés dans le pilotage de la transition énergétique. Les travaux de recherche conduits s’attachent aux impacts de la transition énergétique sur les économies (croissance, emploi, dette), sur les secteurs d’activité (transport, construction, production d’énergie, finance), aux modes de financement associés ainsi qu’aux problématiques d’accès à l’énergie. 

Les travaux de la Chaire s’orientent autour de 4 axes de recherche :

 

Axe 1 – Politiques sectorielles pour la transition énergétique

Les politiques climatiques ont de multiples facettes : parallèlement à la tarification du carbone, de multiples politiques sectorielles ciblées sont lancées. La tarification du carbone se développe au niveau mondial, notamment par la mise en place de marchés de permis d’émission (Europe, Californie-Québec, Chine). Ces marchés ne couvrent pas toutes les émissions et la mise en place d’un prix du carbone à l’échelle de l’économie s’avère difficile. Les politiques complémentaires comprennent des subventions à la R&D, des subventions à la production (pour les énergies renouvelables, les véhicules électriques, etc.), des normes techniques (par exemple les normes CAFE dans le secteur des transports aux États-Unis), entre autres. Ces politiques visent à faciliter la transition vers une économie bas carbone. Cependant, on peut se demander si elles renforcent ou entravent l’efficacité de la politique climatique. Les critiques affirment qu’elles constituent des ajouts inefficaces, voire des substituts, à la tarification du carbone ; les partisans, en revanche, affirment qu’elles sont nécessaires pour rendre la politique climatique efficace à long terme. Cet axe de recherche combinera les deux approches au niveau théorique et appliqué.

Thèmes de recherche : mobilité et infrastructures durables ; transition énergétique et villes intelligentes ; énergies renouvelables ; innovation et changement technologique

 

Axe 2 – Défis macro-économiques et sociétaux de la transition écologique

La transition écologique soulève de multiples questions étudiées dans l’axe 1 dédié aux politiques sectorielles : quelle technologie ou organisation industrielle favoriser, quelles politiques sectorielles concevoir et mettre en œuvre… Elle remet également en cause l’intégration et la cohérence de toutes ces politiques sectorielles, et interroge l’interaction entre des considérations purement économiques et des considérations plus éthiques ou politiques. L’axe 2  « Enjeux Macro-économiques et sociétaux de la transition énergétique » a pour but d’étudier ces thèmes transversaux, d’étudier la transition énergétique non pas de manière analytique, en s’intéressant aux composantes une par une, mais de manière systémique, en considérant le système de relations entre ces composantes. Les objectifs sont les suivants :

  • étudier la possibilité et la faisabilité de la transition énergétique d’un point de vue macroéconomique, en tenant compte des spécificités des instruments ou outils politiques disponibles à ce niveau,
  • explorer l’éventail des politiques de transition énergétique, au-delà des politiques économiques sectorielles (taxes, quotas, subventions), par exemple les politiques monétaires, financières et macro-prudentielles, en relation avec l’axe 3,
  • réfléchir à la justice de la transition énergétique, ce qui implique de développer des critères théoriques de justice, d’intégrer les demandes de justice sociale exprimées dans les discours publics et de concevoir des indicateurs pour les mesurer,
  • identifier les dimensions affectées par ou affectant la transition énergétique à travers le système économique (dynamique démographique, instabilité financière) afin de mettre en évidence les difficultés ou les opportunités négligées,
  • plus généralement, produire des analyses empiriques ou théoriques qui éclairent les aspects systémiques de la transition énergétique, participent aux débats sur la justification et la légitimité des modalités de la transition énergétique et contribuent à l’information des décideurs et des citoyens.

Thèmes de recherche : Le programme de recherche est pour l’instant plus orienté vers la modélisation macro-économique mais il s’élargira progressivement au cours de la deuxième phase de la chaire. Il s’articule actuellement autour de trois principaux thèmes de recherche : défis théoriques de la modélisation de la transition énergétique selon le principe Stock-Flow Cohérent (SFC) ; développer des méthodes pour la modélisation des SFC et les appliquer ; transition écologique et changement climatique

 

Axe 3 – Régulation financière et financement innovant pour la transition énergétique

L’adaptation du système financier est l’un des principaux défis posés par la transition vers une économie bas carbone. Les travaux de recherche déjà réalisés ont montré le manque d’investisseurs à long terme, la nécessité de nouveaux produits et stratégies, tant de la part des acteurs privés que des autorités publiques, non seulement pour aligner les flux financiers sur les objectifs de la transition énergétique, mais aussi pour faire face aux nouveaux risques financiers liés au changement climatique.

Les travaux futurs seront structurés autour de ces questions et bénéficieront des séminaires sur le financement de la transition énergétiques organisés avec la participation conjointe de chercheurs, de professionnels et d’autorités de régulation. Des working paper, policy paper et des articles universitaires feront le point sur l’état du débat et des connaissances sur les questions de financement et les risques financiers de la transition énergétique.

Thèmes de recherche : réglementation financière pour la transition énergétique ; l’évolution de la banque centrale dans le contexte de la transition énergétique ; programmes financiers innovants pour la transition énergétique ; gouvernance d’entreprise et transition énergétique.

 

Axe 4 – Accès à l’énergie

L’accès à l’énergie est un défi majeur pour les pays en développement. Des infrastructures et des capacités de production insuffisantes, une fiabilité médiocre, un faible accès pour les populations pauvres et les zones rurales sont quelques-unes des questions à traiter. Les ménages des pays en développement n’ont toujours pas accès à des services énergétiques modernes qui soient abordables, propres, fiables et sûrs, et paient des prix élevés pour des substituts de mauvaise qualité. Il existe toutefois des différences majeures entre les régions. À l’exception de quelques grands pays producteurs de pétrole, les pays subsahariens dans leur ensemble n’ont pas accès à d’importantes réserves nationales de combustibles fossiles et dépendent des importations pour une grande partie de leurs besoins énergétiques. Cette situation enracine la pauvreté, limite la fourniture de services locaux, accroît la vulnérabilité au changement climatique, limite l’expansion des opportunités, érode la durabilité environnementale aux niveaux local, national et mondial, et crée des impacts négatifs sur le capital humain. L’objectif de notre programme de recherche est de produire un ensemble de connaissances utiles pour relever ces défis. Ces connaissances, fondées sur une analyse empirique et théorique rigoureuse au niveau microéconomique, aideront à concevoir des options politiques, des modèles commerciaux et un environnement réglementaire appropriés. Il convient de tenir compte des pays émergents et en développement afin que l’énergie produise les bénéfices escomptés pour le large segment des populations actuellement exclues dans ces pays.

Thèmes de recherche :  Quels sont les obstacles financiers, comportementaux, institutionnels et réglementaires à l’accès à l’énergie ? Quels sont les chemins qui mènent de l’énergie au développement ? Mécanismes de causalité et contraintes  Concevoir un cadre réglementaire et des modèles commerciaux appropriés pour l’accès à l’énergie dans les pays en développement et émergents.

Responsables scientifiques

Jean-Pierre Ponssard
Jean-Pierre Ponssard
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