Chaire Energie et Prospérité

Projet scientifique

Projet scientifique :

L’objet de cette initiative est de fournir un espace de recherche académique où sont examinés différents canaux de financement innovants de la transition (ingénierie financière et régulation), ainsi que les outils permettant d’en évaluer les performances. 

Le travail effectué par le Comité des experts pour le Débat National sur la Transition Ecologique a permis de révéler différents enjeux majeurs liés à la mise en oeuvre de la transition. Nous disposons aujourd’hui de plusieurs trajectoires de transition (inspirées de divers scénarios: Negatep, Ademe, Ancre, Negawatt…) qui se distinguent par l’évolution du niveau de demande énergétique, par la pénétration de nouveaux usages (comportements et technologies), par la nature des mix énergétiques envisagés et par la vitesse de mise en place de ces changements d’ici 2050. 

ADE

Cette thématique générale sera déclinée autour de trois axes.

Axe 1 : Fondements micro-économiques de la transition énergétique
Cet axe de recherche a pour objet de fournir un cadre conceptuel permettant d’intégrer les dimensions suivantes dans les modèles micro-économiques de la transition énergétique : la prise en compte explicite des coûts d’ajustements, des effets d’expérience, de l’existence de convexité dans les coûts d’investissement associés au développement d’une nouvelle technologie.

  • L’existence de concurrence et de complémentarité entre nouvelles technologies.
  • Les modes d’intervention publique et de financement les mieux adaptés (taxes sur l’énergie fossile sur les émissions, subventions, normes…) y compris une réflexion sur les politiques de concurrence (accords de coopération, attribution temporaire d’exclusivité…).
  • La réflexion sur cet axe prendra appui dans un premier temps sur l’analyse des enjeux du secteur du transport. Cela concerne non seulement les véhicules (électrique, hybride, à hydrogène…)  mais aussi les outils de maîtrise de l’énergie des transports collectifs, le report modal vers les transports collectifs et les nouvelles mobilités partagées de porte à porte facilitées par le numérique et le big data.

Axe 2 : Evaluation macro-économiques et environnementales de la transition économique
Cet axe de recherche a pour objet d’améliorer la représentation du “moteur de croissance” des modèles macro-économiques de transition énergétique en intégrant les dimensions suivantes :

  • Un premier volet s’intéresse à la manière dont le contenu des modes de croissance (modes de consommation, technologie, localisation), les contraintes en ressources et les contraintes environnementales affectent la productivité sur le long terme. La voie que l’on se propose de suivre ici consiste à mieux articuler la représentation des sous-jacents physiques (contraintes en ressources par exemple) et technologiques (modes de production) avec celles du système macro-économique.
  • Un deuxième volet porte sur une plus grande intégration des processus financiers dans ces modèles macro-économiques (le crédit et la création monétaire comme outils d’accompagnement de la transition à court / moyen terme). L’hypothèse est qu’une prise en compte de ces mécanismes macrofinanciers modifiera significativement le comportement des modèles. Elle  permettra en outre aux modèles de tester une palette plus large d’instruments de politiques publiques.
  • Un troisième volet portera sur l’exploration des critères alternatifs d’évaluation de la transition, portera donc sur la déclinaison régionale et sectorielle des scénarios de transition, ainsi que sur leur incidence à l’échelle des entreprises. L’utilisation du taux de croissance du PIB comme métrique unique des progrès d’une économie est en effet aujourd’hui largement remise en question, et il existe une littérature foisonnante sur les critères alternatifs. Il s’agira de revenir sur la manière dont les dimensions physique, économique, sociale et politique des différents scénarios sur le futur affectent une “prospérité” qui ne se résume pas au revenu, ainsi que la manière dont les modèles existants permettent d’intégrer, ou non, ces diverses dimensions.

Axe 3 : Financements innovants
Le bouclage entre les axes 1 et 2 permettra d’approfondir la question de la rentabilité des scénarios de transition. Cet approfondissement conduit naturellement à la question du financement de la transition énergétique, laquelle sera abordée en deux volets. Il s’agira, dans le premier volet, d’étudier la faisabilité de modes de financement innovants associés aux différents modes de transitions, tant au niveau national que continental (Europe) ou mondial (Fonds vert, par exemple). Le second volet sera de nature prudentielle et comptable, émergeant du constat suivant : la grande difficulté où se trouvent les secteurs bancaire et assuranciel pour financer les investissements de long terme associés à la mise en place d’infrastructures nécessaires à la transition provient aussi de l’environnement prudentiel et comptable dans lequel évoluent ces secteurs depuis plusieurs années. Il s’agit alors d’étudier les réformes propices (Bâle 3, Solvabilité 2, normes IFRS…) à la réorientation des liquidités disponibles vers des financements verts.

Responsables scientifiques

Jean-Pierre Ponssard
Jean-Pierre Ponssard
Gaël Giraud
Gaël Giraud

Partenaires économiques