LA POLITIQUE CLIMATIQUE ENTRE CHOIX NATIONAUX ET SCENARIOS MONDIAUX Implications des positionnements cognitifs et éthiques.

Auteurs Date de publication
2014
Type de publication
Autre
Résumé Cet ouvrage analyse la manière dont des stratégies nationales de lutte contre l’effet de serre peuvent se déterminer en fonction des positionnements cognitifs et éthiques des États nationaux au regard de scénarios climatiques mondiaux. Sont ainsi distinguées les approches cognitives de type « prédictif », « thomiste » ou « symétrique », croisées avec des positionnements éthiques désignés comme « égocentrique », « altruiste-dynastique, « solidariste intragénérationnel », « altruiste cosmopolitique » et « universaliste kanto-millien ». Pour évaluer ces configurations on suppose que les choix faits par un État s’appuient sur une évaluation des dommages climatiques associés à différents scénarios de concentration de gaz à effet de serre. Les indicateurs centraux utilisés sont la valeur actuelle du dommage entraîné par l’émission d’une tonne de CO2 et le niveau du taux d’actualisation. Dans ce cadre classique où se met à l’épreuve le concept de dommages pour appréhender des phénomènes de long terme, l’évaluation détermine quelles configurations cognitivo-éthiques justifient la cible du « Facteur 4 » en 2050 : il en existe un nombre réduit, relevant soit d’un « altruisme cosmopolitique (international et intergénérationnel) », soit d’un « universalisme kanto-millien », si cette cible est choisie en fonction du seul problème climatique. En postulant qu’une valeur de 100 € / tCO2 en 2030 est un point de passage obligé vers le « Facteur 4 »en 2050, de tels choix éthiques impliquent la reconnaissance d’une valeur actuelle 2010 d’un niveau élevé pour le dommage entraîné par l’émission d’une tonne de CO2e (au moins 53 € / tCO2, soit un ordre de grandeur supérieur au prix 2013 du carbone sur le marché ETS) et l’adoption d’un taux d’actualisation caractéristique qui, dépendant des configurations étudiées, ne saurait être plus élevé que 3,25 %. De telles valeurs doivent être considérées comme des conditions logiques à respecter pour tous les choix dérivés et en particulier lorsqu’il s’agit de déterminer la meilleure trajectoire intertemporelle de réduction des émissions. Autre résultat : en prenant en compte l’incidence de la date d’émission sur le dommage climatique, il s’avère qu’« altruisme cosmopolitique » et « universalisme kanto-millien » conduisent à des recommandations strictement opposées quant au profil de la meilleure trajectoire temporelle de « consommation » d’un budget d’émissions fixé pour la période 2011-2050 : le premier demande de concentrer les émissions en début de période et le second de débuter par un « choc de réduction ». Au total aucune des configurations justifiant la cible du « Facteur 4 » ne s’accorde avec l’application simple d’une règle de Hotelling qui ferait progresser la valeur de la tonne de CO2 au taux d’actualisation standard pour l’investissement public.
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